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Pour lutter contre le harcèlement, respecte tes enfants

  • Photo du rédacteur: Irène Mailleux
    Irène Mailleux
  • 21 févr. 2020
  • 5 min de lecture

J'ai eu envie de rédiger cet article en réponses à toutes les publications que j'ai pu voir récemment concernant le harcèlement à l'école. C'est un vrai problème, qui prend de l'ampleur et contre lequel il est urgent d'agir. Il est intolérable que des enfants se donnent la mort à cause de ce que d'autres enfants pensent et disent d'eux.

C'est tout bonnement inadmissible. Je sais pas comment tu te sens par rapport à ça, mais moi ça me révolte !


Agir, oui mais comment ?

Selon moi, la meilleure chose que l'on puisse faire en tant que parent ou adulte en contact avec des enfants c'est de montrer l'exemple. Les enfants apprennent surtout en reproduisant ce qu'ils voient.

Quel exemple ?

Celui de respecter l'autre pour qui il est, ce qu'il ressent, ce qu'il pense, ce qu'il dit, ce qu'il fait. Entièrement, sans concession et sans critiques. C'est ce que j'appelle respecter une personne pour ce qu'elle est. Et un enfant est une personne à part entière, il mérite le même respect et la même considération qu'un adulte.


Mais comment on fait ça ?

Accepter un enfant pour ce qu'il est, c'est donner autant de valeur et d'importance à ses pensées, ressentis, actions qu'aux tiennes.


Ca veut dire accueillir ses émotions, les valider, les accepter, les accompagner.

Plutôt que de les nier, les juger, les étouffer, les rendre inacceptables.

Ca veut dire écouter ce qu'il a à dire, prendre en compte ses idées, ses envies.

Plutôt que de savoir mieux que lui, de décider à sa place, de balayer ses idées, de se moquer de lui.

Ca veut dire respecter son intégrité physique.

Plutôt que d'imposer un bisou sous couvert de la politesse, un câlin sous prétexte que c'est de l'amour.

Ca veut dire respecter son rythme. Plutôt que de le presser, attendre de lui des choses qu'il n'est pas encore capable (voire même jamais) de faire.


Concrètement, cela revient à ressentir de l'empathie pour cet enfant. Se rappeler que tu vis les mêmes choses, exactement. Alors évidement pas pour les mêmes choses, mais probablement pour les mêmes raisons.


En pratique ça veut dire quoi ?

Ton enfant est en colère ? Dis-lui "Je vois que tu es en colère parce que ... " au lieu de lui dire "Arrête de crier pour si peu !"

Ton enfant tombe, se fait mal et pleure? Dis-lui "Je vois que tu es tombé. Ca a dû faire mal, tu pleures." au lieu de lui dire "Arrête de pleurer, ce n'est pas grave!"

Ton enfant est excité et court partout ? Dis-lui "Eh bien, on dirait que tu es super heureux en ce moment." au lieu de lui dire "Calme toi et reste tranquille !"


Et puis tu peux discuter du comportement que tu préfères voir.

"Je voudrais que tu me dises que tu es fâché. Frapper c'est interdit."

"Moi aussi je pleure quand j'ai mal en fait. Pleurer ça fait du bien."

"Si tu veux continuer à courir partout, je préfère que ce soit dehors."


Décris ce que tu vois, et ce dès le plus jeune âge. Valide son émotion. Parce qu'une émotion est toujours juste. Personne ne peut juger ça. En validant ses émotions, ton enfant se sent validé, se sent le droit d'exister, se sens respecté. Et avant tout il apprend à nommer ce qu'il ressent, il réalise que ce qu'il ressent est connu (ça existe pour d'autre) et normal.


Ton enfant te dit "Maman, j'ai envie de manger des pâtes ce soir." et tu as prévu autre chose. Tu peux être ouverte, comme si c'était ton conjoint ou ta meilleure amie ou ta mère qui te disait la même chose. C'est peu probable que tu les envoies à la gare sans même discuter un peu. Peut-être que ce que tu as prévu aujourd'hui peut être préparé demain ? Peut-être que vous pouvez manger les deux ? Tout est possible au fond. Soi créative. Ou peut-être que c'est non. Alors dis-lui "J'entends que tu as envie de pâtes, seulement j'ai prévu autre chose ce soir. Que penses-tu de manger des pâtes demain?"

Comme ça ton enfant aura été entendu et il saura qu'il a de l'importance à tes yeux.


Ne pas se moquer

Ah oui, ça parait évident mais c'est quelque chose qui se fait beaucoup sur le ton de la plaisanterie, la boutade, la taquinerie.

As-tu déjà été vexé par une boutade ? As-tu déjà vu quelqu'un se vexer ? On répond quoi souvent à ça ? "Oh mais c'est une blague hein ! Pas la peine de le prendre comme ça. Tu es susceptible !"


Quand tu as été vexé par la plaisanterie, c'était parce que ça a touché un point sensible. Quelque chose que tu n'acceptes pas chez toi, ou que tu n'aimes pas pointer du doigt, ou tout simplement parce que le fait d'être moqué pour qui tu es n'es pas acceptable. Et c'est bien normal de ressentir cela.

Donc ne fais pas ça à un enfant (et à personne d'ailleurs). En plus, l'enfant n'a probablement pas le recul pour comprendre que c'est "une blague" et il risque de le prendre littéralement.


Parce que le harcèlement peut naître de boutades, de railleries, sur le ton de la plaisanterie... Il y a d'autres moyens de rire, sans blesser personne, alors privilégie ce moyen-là.

Et si une boutade blesse en face de toi, réponds "Je vois que je t'ai blessé, ce n'était pas mon intention. Je suis désolée, je ne le referai plus."


Montrer l'exemple pour créer une norme

"AAAAAH ! Elle parle d'une norme ! Au secours, je n'aime pas les moules !"

Je te rassure, moi non plus. La norme c'est ce que l'on considère comme normal, allant de soi, coulant de source. Tu vois ce que je veux dire ?


Donc en respectant ton enfant quoiqu'il dise, fasse ou pense, et bien tu lui envoie une image du monde où tout cela est normal ! Et donc, il ne supportera pas de voir quelqu'un se moquer, frapper, critiquer... Il interviendra certainement, en fonction de sa personnalité. Soit en s'interposant et en défendant la victime, soit en lui apportant du soutien après, soit en dénonçant à un adulte... Mais il ne sera pas indifférent ! Crois-moi.


Pour un monde meilleur

Je crois sincèrement que ce simple fait (à énoncer, pas à mettre en pratique) peut réellement faire une différence et contribuer à faire de cette planète un endroit meilleur. Imagine un monde où tes idées sont écoutées, tes émotions acceptées, tes envies prises en considération. Un monde où ta personnalité sera acceptée telle quelle. Un monde où tu seras aimé pour qui tu es, sans condition.


J'adorerais vivre dans ce monde. Alors je le crée à mon échelle, en accordant le plus possible tout mon respect aux gens qui m'entourent, enfant et adulte. Toi aussi, tu peux faire pareil.


Ce que tu en penses

Je serais ravie que tu me partage tes ressentis face à cet article. Avec quoi es-tu d'accord? Avec quoi es-tu en désaccord? Tu as envie de précision ? Tu as envie de partager une anecdote ?

Alors laisse-moi un commentaire.


 
 
 

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